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C’est plus de l’amour…

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Coeur

C’est pas de l’amour. Ça n’en a jamais été. Je ne sais pas aimer. Si j’étais né un peu plus tôt ou un peu plus tard… Si j’étais d’une autre saison, si j’avais marché dans ces rues dans des temps différents, si seulement quelques secondes me séparaient de moi, peut être… Peut-être que j’aurais su aimer.

Peut-on vivre sans ce qui nourrit les livres ? Peut-on exister sans le cœur des chansons ? Peut-on mourir sans même que l’on soit né, alors qu’on n’est plus dans la petite enfance ? Il me manque quelque chose qui n’a pas de nom.

Oh j’ai bien eu des coups de cœur, des coups de sang, des envies de mordre dans la peau si tendre, des envies de caresses et de serments éphémères. J’ai attendu le cœur battant qu’il se mette enfin à vaciller. Mais jamais la chaleur n’a atteint mes entrailles. Mes joues se sont émues devant des yeux trop grands, mon corps s’est donné à ces corps attrayants, mais les mots d’amour ont dépassé mes pensées, juste un excellent exercice littéraire, des mots factices qui sonnaient justes, mais elles n’ont pas vu l’émotion absente de mes yeux trop brillants, l’insolente commedia dell’arte qui s’esquisse et séduit. Un sourire céleste de l’enfant qui s’éveille, une souricière mesurée au millimètre prêt, calibrée, testée, éprouvée. Le naturel, est-ce seulement un mot que j’ai encore en moi ?

Oh j’ai pleuré au naturel, j’ai murmuré des larmes suaves d’enfant blessé, mais l’orgueil seul était touché. Et ces femmes qui passent et dont je n’attends que la suivante, éternelle danse dans mes bras qui restent libre de tout sentiment. Et mes lèvres sont brûlantes de tout ce que je ne donne pas, mes doigts glacés sur leur peau embrasée, mon désir malade de l’essentiel qui le ferait respirer. Je me sens encore plus étranger quand je suis en elles, elles ne me perdent jamais plus que quand elles me font l’amour, quand elles ne voient qu’une forme sombre et sans contours fixes. Elles ne voient pas l’évidence, c’est ce que je suis, c’est le seul moment où elles peuvent saisir qui est celui qui n’aime pas, celui qui ne peut aimer. Je l’occulte derrière d’enjôleuses phrases d’excuses vides de sens propre.

Et moi aussi je me suis leurré et menti dans ces phrases qu’on m’arrachait à murmurer… Comment ai-je pu dire ces mots que je ne m’autorise ? Je n’ai rien à donner de ce que je ne possède pas. On s’habitue à vivre sans cœur comme on apprend à se passer d’air et d’eau.

Dans une vie où l’amour est un dieu adulé, j’ai préféré son éminent rival. La mort me semble plus plaisante, Thanatos et Eros, il n’y a même pas eu de massacre. Je portais en moi la marque de mon affiliation depuis longtemps. La mort et l’amour…

Oh oui je sais aimer. J’aime le sang, le mal et la souffrance. J’aime les pleurs, les cris et le chaos. J’aime la violence et la destruction. Vous n’appelez pas ça de l’amour, vous dites que ça n’est pas de l’amour mais qu’est-ce que vous en savez ? Si ce n’est pas de l’amour, c’est que ça l’a été…

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