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Elle…

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Muse

Free me. Free me from this world.
I don’t belong here, it was a mistake imprisoning my soul.
(Muse)

Elle… Il faut que je vous parle d’elle. Non pas pour que vous sachiez qui elle est. Juste parce que j’en ai envie, parce que j’en ai besoin.

Elle… C’est un petit bout de femme, tout feu tout flamme. Au début, quand on la découvre, on se sait qu’en penser. Elle apparaît quand on ne s’y attend pas, mystérieuse, énigmatique, presque inaccessible. Mais j’ai vite su que j’avais affaire à un personnage, à quelqu’un qui porte un masque. Juste par jeu ou par obligation ? Pour faire tourner en rond le soi-disant sexe fort ? Ou pour cacher derrière cette carapace des blessures, des fêlures, des états d’âme qu’il ne faut pas dévoiler ? Un mélange de tout ça à la fois sans doute. Mais j’ai envie, j’ai besoin d’aller au-delà, de l’autre côté du miroir. Besoin de savoir qui se cache derrière le masque. Besoin de connaître le vrai être humain derrière le faux personnage. Besoin de comprendre pourquoi elle ne me laissait pas indifférent. Alors pendant mes nuits d’insomnies j’ai lu, relu, encore et encore. Tous nos échanges. Ses textes, ses mails. Patiemment j’ai cherché le signe, la faille. Et peu à peu, à force de lire entre ses lignes, je l’ai déchiffrée… et j’ai compris pourquoi elle ne me laissait pas indifférent. Ce n’était pas tant le personnage qu’elle joue qui me fascinait. C’était bel et bien ce qui se cachait derrière. Parce que haïs ou adorés, secrètement fragiles, les étrangers se ressemblent toujours…

Elle… Elle est celle dont tout homme pourrait rêver. Sous la glace du personnage qu’elle joue se cache le feu d’une femme qui s’est longtemps cherchée. Une femme douce, tendre, câline, féline. Une femme sexuelle, mais aussi romantique et attentionnée. Une femme passionnée, dans tout ce qu’elle entreprend dès que ça lui tient à cœur. Elle est devenue mon amie, ma confidente, l’autre moitié de moi, le miroir de ce que je suis, le reflet de mon âme, et bien plus encore. Elle se trouve des défauts tout le temps, mais qui se voit réellement comme il est ? C’est ma vision du monde et ma façon de voir la vie et les choses qui me poussent à dire ça, mais elle est à mes yeux tout ce dont un homme peut rêver. Elle m’a apporté beaucoup, bien plus qu’elle ne peut l’imaginer, et jamais, au grand jamais, je ne pourrai la remercier autant que ce qu’elle a fait. Alors il y a peu, je me suis senti bien inutile dans sa vie, avec ce sentiment de ne pas pouvoir l’aider, lui apporter quelque chose en retour. Ce sentiment frustrant de ne pas être à la hauteur, de se sentir impuissant. Alors, peut-être (aussi) par besoin d’être rassuré, j’ai osé lui poser une question il y a peu de temps. « Qu’est-ce que je t’apporte ? Tu fais tellement pour moi que je me demande ce que moi je peux t’apporter… Je n’ai pas l’impression d’être à la hauteur de ce que tu es pour moi, de ce que fais pour moi. Alors dis-moi honnêtement : qu’est-ce que je t’apporte ? »

Elle… Elle m’a regardé, vexée sur le coup que j’ose poser une telle question. C’est facile de dire « Tu sais très bien » pour éviter de répondre, parce qu’on ne se sent pas à l’aise pour parler de ses propres sentiments. Mais même s’il arrive parfois (mais très rarement) qu’on ait juste envie d’entendre ces mots histoire de se sentir fier ou/et, de flatter son égo, la plupart du temps on ne sait pas, et on a envie, besoin d’entendre les choses, pour se rassurer, pour savoir qui on est, ce qu’on vaut. Être dans l’attente et ne pas savoir est la pire des choses… Elle a compris pourquoi je le faisais, pourquoi j’avais besoin de réponse : pour une fois, je n’avais pas envie de rester sur un non-dit. Alors elle s’est d’abord moquée de moi en énonçant l’inverse de choses que je lui apporte réellement. Puis elle s’est blottie dans mes bras et s’est lancée dans une liste ce que je lui apportais vraiment. Et si ce qu’elle a énuméré aurait flatté l’égo de plus d’un homme, moi je suis tombé des nues, j’ai été agréablement surpris. J’étais loin – même très loin – d’imaginer tout ce que je pouvais lui apporter, parfois même sans m’en rendre compte. « Ami », « confident », « personne de confiance », « soutien » sont des mots qui m’ont profondément touché. Mais elle m’a fait le plus magnifique compliment qu’on ne m’ait jamais fait (et j’avoue qu’en écrivant ces mots, les larmes me montent aux yeux). Elle m’a regardé droit dans les yeux, une larme a coulé sur sa joue, et elle m’a dit : « Tu m’as guéri et tu m’as aidé à grandir, et ça… ça n’a pas de prix… ». Que pouvais-je répondre ou dire à ça ? Rien. Sinon sentir mon cœur se gonfler d’une immense émotion, et serrer cette femme dans mes bras.

Elle a inspiré beaucoup de mes nuits, a guidé mes doigts sur le clavier, même si ça n’a ni queue ni tête parfois. Ces mots, que je partage ici avec vous, ce sont des mots pour elle…

« Retrouver le silence, pour à nouveau prendre la plume. Ne rien dire de mes sens, pour retracer mes rêves de lune. M’évader de mon corps pour surprendre tes moindres rêves. Rechercher les trésors qui naissent quand le jour s’achève. Passe tes mains sur mon cœur, enlève-moi le goût du malheur… »

« Donne-moi l’espoir de te trouver à mon réveil enfouie au fond de mes draps. Tu t’es faite sauvage au contact de mes doigts. Tout en douceur, je me fais félin devant ton corps dénudé. Tout contre ton cœur, je deviens câlin, laissant mes rêves naviguer. Tout contre ma peau, tu sens ma chaleur envahir ton corps. Nos cœurs deviennent chauds, nous laissent rêveurs pour nous aimer jusqu’à la mort. Je me suis fait sauvage au contact de ses doigts, je me suis montré sage quand j’ai entendu sa voix… »

Elle… Si j’ai eu envie, besoin de vous dire tout cela, c’est tout simplement parce qu’elle a compté énormément pour moi. Son bonheur était la seule chose qui m’importait, et j’aurais fait tout ce que je pouvais pour qu’elle soit heureuse, même si pour ça je devais sortir de sa vie. Je l’ai aimée, oui, je l’avoue. Un amour d’une rare intensité. Une amitié amoureuse comme on en voit peu… hormis dans les livres, ou dans les films. Au-delà de toute raison, de toute convention, de toute norme, de tout contrôle. Mais si ça pouvait faire peur, c’était tellement grisant que je n’avais qu’une envie : dire les choses qu’on ressentait, qu’on éprouvait, au moment où on les ressentait, où on les éprouvait, lâcher prise, vivre ce qu’il y avait à vivre, profiter de l’instant, pour n’avoir aucun regret.

Dans mon esprit, cette chanson de Muse a toujours été associée à elle, et de plus en plus au fil du temps. Je lui dédie ces mots donc, et à travers cet article, je tenais à lui (re)dire qu’elle a été comme un cadeau, une lumière, une étoile dans ma vie. Je tenais à elle énormément, plus qu’à d’autres choses ici bas. Et j’ai crié au monde que j’étais fier. Fier d’être dans sa vie, fier de ce que j’étais à ses yeux, mais aussi et surtout fier d’elle. Fier de tout ce qu’elle faisait, de tout ce qu’elle a accompli, de cette passion qui t’animait. J’étais fier de la femme que tu étais.

Mais ça… c’était avant.

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